Procès contre l’inaction de l’Etat : l’affaire du siècle est aussi la pire imaginable pour… le climat lui-même

Atlantico.fr : Déposée par plusieurs ONG l’année dernière, la plainte accusant l’État français de ne pas avoir agi sur le changement climatique arrive devant les tribunaux. L’instrumentalisation judiciaire d’un tel débat pourrait-elle être contre-productive dans l’action climatique ? Cela va-t-il contribuer à rendre impossible un débat constructif ?

Loïk Le Floch-Prigent : On a du mal à imaginer qu’une telle plainte puisse être déposée et qu’elle puisse venir devant les tribunaux. Elle interroge sur la légitimité des juges à se saisir d’un tel sujet, mais aussi sur la capacité de tout individu à se faire une opinion sur la capacité d’un Etat quel qu’il soit à agir ou non sur un phénomène qui touche la planète et non un territoire. Les juges sont la bouche de la loi, il y a des textes votés sur l’environnement, les pollutions… Mais pas sur le climat qui ne dépend guère des votes des parlementaires français. Les juges devraient donc classer sans suite la plainte des ONG. Mais surtout les ONG elles-mêmes devraient s’interroger sur la capacité d’action d’un Etat qui représente 1% de la population mondiale sur des phénomènes non encore scientifiquement parfaitement expliqués. On constate un réchauffement dans certaines régions et une accélération des désordres et des désastres physiques, on sait que la multiplication des actions humaines n’y est pas étrangère, que la démographie galopante est une des explications, que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre est montrée du doigt avec un quasi-consensus des scientifiques, mais c’est lorsque l’on en vient aux remèdes ,et donc aux actions,  que les avis divergent car il n’y a pas de Gouvernement Mondial et qu’il s’agit de la planète et non d’un territoire. Les juges ne sont donc pas compétents à se saisir d’une telle plainte dont l’origine est également illégitime. On pourrait imaginer que des citoyens puissent se plaindre du manque d’action véritable sur la défense de l’environnement ou sur les actions insuffisantes contre les pollutions, mais sur le climat cela n’a pas de sens.

Il est clair que cette accusation ne peut être que contreproductive entretenant la confusion entre pollutions et climat, et voulant judiciariser au lieu de débattre sur un sujet compliqué. La simplification à la fois des complexités et des solutions préconisées conduit à la multiplication d’anathèmes. Il faut donc revenir à la culture scientifique, aux débats scientifiques, aux contradictions scientifiques et  s’abstenir de transformer le changement climatique en nouvelle religion avec certitudes et grands prêtres. On peut agir lorsque l’on sait et on sait encore peu de choses. Cela n’empêche pas, bien au contraire,  l’action en termes d’augmentation de la recherche scientifique et de luttes contre les gaspillages et les pollutions.

Y-a-t-il un risque qu’une telle action provoque une peur de la part des entreprises et des politiques ?

La judiciarisation paralyse l’action publique, on le voit dans le domaine de la sécurité des personnes avec les attaques répétées contre les forces de l’ordre, on le voit dans le domaine sanitaire avec les tremblements des responsables politiques lors des perquisitions dont ils sont l’objet. Chaque responsable voit désormais dans chacune de ses actions une dérive probable qui le conduit devant un tribunal et plutôt que de réfléchir à son travail essaie de voir comment se protéger. La plupart des décisions sanitaires d’aujourd’hui sont prises après consultations diverses de comités Théodules, on invente même des conseils à partir de tirages au sort de citoyens, on tend à à préparer des décisions en vue de se défendre de procès éventuels tandis que l’on finit par oublier la finalité essentielle, celle de l’efficacité ! On en est rendu à la politique des bretelles et du parapluie, à la culture de l’irresponsabilité qui a mené, entre autres, à la chute de l’Empire Soviétique et au désastre de Tchernobyl. Les décisions difficiles sont toujours des choix entre deux mauvaises solutions, aucune ONG et aucun juge ne peuvent aider le décideur. Il faut d’urgence arrêter cette dérive de judiciarisation, elle est mortifère.

Si le gouvernement français est reconnu coupable, concrètement qu’est ce que cela peut amener juridiquement ?

Il est inimaginable qu’un Gouvernement légitime puisque émanant du peuple puisse être mis en difficulté par des juges qui ne sont que des experts du droit : ils ne sont pas élus, ils ne représentent pas le peuple. La plainte est irrecevable, nous sommes en République Française, les ONG se trompent de pays et de régime.

D’une manière détournée, est-ce que cela peut représenter une attaque contre la liberté d’entreprendre ?

Cette plainte en dit long effectivement sur les dangers qui nous guettent avec les adeptes d’une religion du climat qui veulent à la fois transformer notre République et restreindre nos libertés en son nom. Depuis des années on voit se dessiner cette volonté de définir le bien autour d’une écologie mal digérée et de solutions que certaines minorités veulent imposer au nom d’une nature qu’ils ne connaissent pas. L’homme a transformé la planète et n’arrête pas de le faire, ce qu’ils appellent nature est déjà habitée par plus de 7 milliards d’humains qui vivent, bougent, agissent, respirent, bâtissent… La planète dont ils se font les adeptes s’en fiche royalement, elle poursuit son existence d’avant nous et d’après nous, et nous essayons de mieux la comprendre tous les jours et d’utiliser au mieux ses ressources pour « croitre et multiplier » comme disait la Bible qui nous a été enseignée. Chaque avancée dans la connaissance a eu ses bons et ses mauvais côtés, et tandis que nous avions l’impression de faire des progrès, des régressions s’opéraient. La naissance de l’écologie a permis de responsabiliser une grande partie de l’humanité sur les aspects détestables de certaines de nos actions et une détermination nouvelle permet aujourd’hui de prendre de nouvelles responsabilités pour notre avenir sous réserve que des modifications planétaires dont nous n’avons aucune connaissance et donc aucune maitrise n’arrivent pas. Mais les grands ou petits prêtres qui souhaiteraient guider le monde des humains ne savent rien, ne contrôlent rien, n’ont pas l’ombre d’une solution aux situations qui nous attendent, ils vivent des peurs et des condamnations dont ils voudraient tirer un pouvoir de contraintes, ils veulent d’abord restreindre les libertés, et surtout punir, toujours punir comme la dernière folie imaginée dans notre pays, une loi punissant « l’écocide », concept stupide puisque chaque être vivant est un trouble évident par rapport à un environnement préexistant. Le Gouvernement de la République Française, émanation du peuple Français doit arrêter cette dérive liberticide à la fois anti scientifique, anti industrielle et plus généralement anti entreprises. Les règles sanitaires édictées par le Gouvernement de la République sont déjà lourdes et restreignent nos libertés, essayons de conserver notre liberté d’entreprendre que des irresponsables tentent de nous enlever ce qui conduirait à notre disparition progressive et inéluctable.

1 commentaire sur “Procès contre l’inaction de l’Etat : l’affaire du siècle est aussi la pire imaginable pour… le climat lui-même

  1. Ces commentaires sont importants et réalistes au regard de nos diverses juridictions pour apporter divers jugements dont elles n’ont pas la compétence !

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