Zones à faibles émissions : petites précisions critiques sur l’argument massue qui les « justifie »

Un chiffre revient notamment le plus souvent dans les argumentaires pro interdiction des véhicules polluants, celui des 40 000 morts par an dus à la pollution de l’air.

Selon une étude de Santé publique France, près de 40.000 décès sont liés chaque année à une trop forte exposition aux particules fines et 7000 au dioxyde d’azote. La méthodologie de Santé publique France est-elle suffisamment fiable et validée pour justifier ce décompte de morts, et donc l’application de mesures drastiques comme les zones à faibles émissions pour limiter les véhicules les plus polluants dans les grandes villes ?

Nous sommes nombreux à interroger la méthodologie de Santé Publique France et nous n’obtenons jamais de réponses. Les statistiques sur les causes de mortalité sont très longues à venir et nous sommes toujours sur celles de 2016, avant Covid, ce qui nous parait plus raisonnable. Sur 579 230 décès les maladies respiratoires comptent pour 31 526 (cancers) et 11 156 (maladies chroniques), tandis que le tabagisme est considéré comme le responsable essentiel de 75 000 disparitions. On a beau fouiller dans les données et dans les causes on n’arrive jamais à justifier les 40 000 ou 48 000 décès dus aux particules fines énoncés par certains avec l’autorité de la vérité indiscutable. La Commission Européenne énonce elle un chiffre de 50 000 décès par an en Europe tout entière dus à ces particules fines, ce qui contredit donc le chiffre français, et la plupart des publications médicales sérieuses considèrent que l’influence des particules fines est à la fois mal connue et indiscutable, elles chiffrent non les décès mais les mois perdus sur la vie, de l’ordre de 8 mois. A défaut de certitude, on le voit, c’est donc le flou !

La deuxième question c’est celle de l’origine des particules fines : pour moitié, en Europe, c’est la combustion du bois, du charbon et du fioul ! Les seuls chiffres concernant les moteurs diesel souvent désignés comme les coupables essentiels portent sur 8,4% du total. En effet, dans une ville comme Paris, la plus grande concentration de particules fines est dans les couloirs et les voitures du métro souterrain, ceci du au freinage des véhicules. C’est ce même freinage des véhicules électriques individuels, plus lourds que les véhicules thermiques, qui pourraient rendre contestables la nécessité pour cause de particules fines de changer dans les villes lemode de propulsion.

On le voit donc l’argument « particules fines » pour caractériser une modification drastique de nos modes de vie en ville ne tient pas, et, par exemple, la multiplication des centrales électriques à charbon en Allemagne nous envoyant par vent d’Est les particules fines serait une préoccupation beaucoup plus sérieuse que celle qui donne lieu aux interdictions actuelles qui vont peser sur la vie quotidienne des français, la justification des mesures décidées sont donc hasardeuses et mal motivées en ce qui concerne ces particules fines !

Les chiffres sont-ils instrumentalisés ? Ne pensez-vous pas que, même s’ils sont incertains, le principe de précaution impose d’en tenir compte ?

On voit donc que les chiffres sont incertains et manifestement faux. Ils ont donc servi à demander l’éradication des véhicules à moteur thermique hors des villes pour des raisons de santé publique. Il y a donc eu manipulation. Il y a d’une part la pollution des villes et là on peut concevoir que les véhicules électriques possèdent un avantage, et, d’autre part, la santé des populations urbaines où les mesures prises ne répondent aucunement aux soucis des asthmatiques, par exemple, qui devraient s’éloigner de toutes les combustions de bois et de charbon ! Enfin, en ce qui concerne le bilan carbone dont les édiles locaux nous parlent abondamment, si l’électricité provient du charbon ou du gaz il n’est pas bon, contrairement à celui de l’électricité issue du nucléaire ou de l’hydraulique. La précaution serait donc essentiellement de se prémunir des vents d’Est qui nous envoient les particules fines des pays consommant du charbon !

Les ZFE (pour zones à faibles émissions) visent à limiter la pollution automobile dans les grandes agglomérations et sont en cours de mise en place, ou déjà en vigueur. Ces dispositifs sont critiqués pour être socialement injustes car ils privent des conducteurs – bien souvent les plus pauvres – de leur moyen de transport principal. Face à cela, l’Etat a mis en place une prime à la conversion pouvant monter jusqu’à 6000€ et censée encourager l’achat d’un véhicule moins polluant. Sommes-nous devant une usine à gaz ou un nouvel exemple de l’écologie punitive ?

Les Zones à faible émission sont des créations d’enfants gâtés urbains qui n’ont pas envie d’être mêlés à une plèbe qui n’obéit pas à leur religion : la marche à pieds et le vélo. Il y a donc une exigence implicite d’un entre soi rassurant de ceux qui ont compris comment on doit se comporter pour « sauver la planète ». Basée, comme on l’a vu, sur des chiffres et des données erronées, les ZFE vont servir d’exemples à une population arriérée de ce que doit être l’avenir de l’humanité ! C’est incontestablement une ségrégation entre ceux qui ont les moyens de s’offrir un véhicule neuf et ceux qui ne peuvent que prolonger la vie de celui qu’ils possèdent, mais le poids de la nouvelle religion est tellement fort que leurs adeptes ne s’en rendent même pas compte. La plupart des familles ne croient toujours pas pouvoir partir en vacances sans difficultés avec un véhicule électrique, elles ne voient pas une multiplication des bornes de recharge, elles constatent des temps de recharge incompatibles avec la sérénité des parcours, elles estiment donc que cette évolution est un caprice de riche, ce que leurs regards sur les Teslas ne peuvent queconforter.

Nous sommes d’abord en plein drame industriel avec une industrie du moteur thermique décimée en quelques années, sous traitants et garagistes, ensuite en pleine incompréhension d’une population habituée à l’achat de véhicules d’occasions destinés aux déplacements domicile travail sans alternatives, et enfin désormais avec des interdictions nouvelles de venir troubler la vie des nantis dans leurs cités ! On peut donc dire que les apôtres du « vivre ensemble » ont tout faux, l’idéologie des métropoles est en train de briser la collectivité nationale tout en accélérant la désindustrialisation du pays sous prétexte de préparer un avenir radieux. C’est le comble de l’écologie punitive qui pour un bien illusoire sème le désastre partout.

En l’état actuel des choses, les véhicules électriques (Crit’Air 0) souvent très onéreux, sont-ils une réponse face à ces nouvelles normes ? Comment l’industrie automobile va-t-elle pouvoir s’adapter face à ces nouvelles mesures et aux ZFE ?

Les choix techniques ne sont pas du domaine du politique ou des politiques. Le fait de vouloir éradiquer le véhicule à moteur thermique et de promouvoir le véhicule électrique a comme origine un dogme, une croyance, une religion, un totalitarisme qui a fait fi des réalités, qui a manipulé des données et qui continue à le faire. Le mensonge technique ne résiste jamais très longtemps , mais celui-ci peut conduire à un vrai désastre pour l’industrie européenne età un cataclysme social. La montée des violences dans nos pays est incontestable, une récession est très probable et c’est le moment choisi pour modifier de façon brutale et autoritaire les modes de vie d’une majorité de la population. Dire que l’on joue aux apprentis sorciers est un propos poli pour exprimer la situation réelle. Nous sommes devant un mur désormais infranchissable sans un retour en arrière sur les mesures décidées. En ce qui concerne l’industrie, cela va nécessiter un financement des Etats énorme dont ils auront du mal à se remettre, mais dans cette ambiance inflationniste où les fermetures et les faillites s’accélèrent tout donne à penser que le pire est à venir, les constructeurs automobiles nous le disent depuis des années, mais les ETI, PMI et PME du secteur ne s’expriment pas encore, nous allons les entendre rapidement désormais. La marche arrière est difficile car l’essentiel des dégâts a déjà commencé. L’industrie automobile est déjà partie , mais tous ses serviteurs sont toujours là ! La fuite en avant que l’on constate aujourd’hui chez tous les élus persuadés de « faire le bien » est d’autant plus hasardeuse que, comme on l’a dit, les données sur lesquelles repose la politique imposée sont erronées et ne pourront pas résister longtemps à l’observation des conséquences fâcheuses des prochains mois.

19 commentaires sur “Zones à faibles émissions : petites précisions critiques sur l’argument massue qui les « justifie »

  1. D’accord à 100 % avec cette analyse. En outre, le bilan écologique global du tout électrique est discutable du fait des dommages infligés aux pays producteurs de matières premières.
    L’argent investi dans les subventions à l’achat de voitures électriques serait mieux employé dans des transports collectifs sûrs, propres et confortables.

    1. Il suffit de quelques clicks sur internet pour vérifier les chiffres ci-dessous ; il y a en France 610000 décès en France ; 7% sont dus à des maladies respiratoires soit effectivement autour de 45000 décès … mais 87,5% de ces décès sont des fumeurs ou des gros fumeurs … ! si on enlève les maladie génétiques et autres causes c’est au plus entre 1000 et 3000 décès qui seraient éventuellement dues à des causes externes … la vérité c’est que jamais depuis l’histoire de l’humanité l’air n’a été aussi propre dans nos villes … comme en témoigne les graphiques de AirParif pourtant contrôlé par la mairie de Paris.

    1. Très bien présenté.
      Et pour les voitures électriques,
      le bilan carbone de toute la chaîne de production est souvent oublié. La France ne produisant pas assez de véhicules, les subventions vont servir à arroser le marché français/ européen avec des modèles fabriqués hors d’Europe, largement subventionnés localement … Encore de l’argent public brûlé pour favoriser l’industrie hors Europe.

  2. Une preuve supplémentaire de cette hypocrisie … l’espérance de vie !
    L’INSEE calcule l’espérance de vie pour chaque département. (Lien INSEE: https://statistiques-locales.insee.fr/#bbox=126564,6269789,283438,154252&c=indicator&i=ec_evol.decesdnn&i2=tcrd050.esperance_vie_hommes_60ans&s=2021&s2=2021&selcodgeo=27&t=A01&t2=A01&view=map2)
    A titre d’exemple, pour les hommes de 60 ans:
    – à Paris: 24,4 ans
    – en Lozère: 22,3 ans
    Personnellement, j’en déduirais plutôt que les particules parisiennes sont moins nocives pour la santé que l’air des Cévennes !
    Mais il est vrai qu’il est plus facile aux « riches » de dire « On va vous interdire de venir chez nous ! » que de leur dire « On va vous envoyer nos hôpitaux et nos médecins qui vous permettrons de vivre aussi longtemps que nous ! »

  3. très bon article sauf pour les particules: les voitures électriques avec la récupération d’énergie lors des ralentissements émettent moins de particules. Par contre, les particules fines ne sont pas le vrai problème des voitures: pendant la pandémie, la diminution des émissions de NOX a été en accord avec la diminution de la circulation; par contre, les taux de particules n’ont pas diminué montrant que les voitures n’en sont pas l’origine principale.
    Par contre, tout miser sur la voiture électrique revient à dérouler un tapis rouge à la Chine et conduire notre industrie automobile (et ses emplois) au désastre.
    Pour la voiture électrique, nous sommes dépendants des chinois pour les matières premières (voir le résultat de la dépendance au gaz russe) et ils ont le meilleur savoir faire et vont envahir l’Europe avec leurs voitures (voir le nombre de voitures chinoises présentées au salon de l’auto)
    L’Europe a une position de leader dans le domaine du moteur thermique et nous sommes capables, moyennant peu de recherches tout en conservant nos chaînes de fabrication, de les faire fonctionner à l’hydrogène. L’hydrogène va forcément se développer au moins pour deux raisons. La première est liée au développement des énergies renouvelables et à leur caractère intermittent: lorsqu’elles sont en excès la meilleure façon de les stocker est de les transformer en hydrogène. La seconde raison est l’impossibilité d’utiliser des batteries pour les engins demandant beaucoup de puissance (poids lourds, trains, engin de chantier, tracteurs …). La seule solution est d’utiliser l’hydrogène dans un moteur thermique ou une pile à combustible. Donc l’hydrogène et son réseau de distribution se développeront forcément et c’est dans ce domaine qu’il faut investir pour l’avenir.

    1. Je ne suis pas sûr du tout que l’hydrogène soit la solution. En tant qu’ingénieur, j’ai été confronté au cours de ma carrière à de nombreux problèmes liés à l’hydrogène dont un incendie sérieux dans mon laboratoire lorsque je faisait de la recherche, et plusieurs problèmes essentiellement liés aux fuites lorsque j’étais en fabrication. J’ajoute que les ingénieurs qui ont été en contact avec ces problèmes sont unanimes pour dénoncer l’utilisation de ce dangereux gaz à grande échelle. Ils prédisent tous des catastrophes en série parce que la technologie qu’il faut développer autour pour sécuriser son usage est hors de portée des utilisateurs moyens. Les commentaires qu’ils ont fait sur mes articles traitant du sujet sont unanimes : trop dangereux !
      Voir :https://www.contrepoints.org/2021/03/10/392801-hydrogene-la-danseuse-a-hauts-risques-des-politiques

      1. je suis terrorisé à l’idée de devoir prendre un jour un avion à Hydrogène ! La pire responsabilité que j’ai eue en tant que chef d’entreprise c’est d’être détenteur du site de production et de stockage d’hydrogène de Pardies !

  4. Très bonne et juste analyse des situations économiques et politiques. L’écologie est devenue la nouvelle religion de l’Ouest. Comme les moutons de panurge gare à ceux qui ne suivent pas la voie péremptoire du verdissement contraint. Au fait comment les locataires d’immeubles font-ils pour recharger un véhicule électrique ? Peut importe on les contraint à acheter de l’électrique à coups de subventions répétées que paie le contribuable.
    Ces respectables écolos ne se soucient pas aujourd’hui de toute la pollution apportée par les voitures électriques, lithium batterie recyclage…Ce sont ces mêmes personnes qui voulaient démanteler le parc nucléaire et qui maintenant pressent la réalisation de 8 nouveaux réacteurs, que de temps et d’argent perdus!

  5. D’accord avec cette analyse intelligente et clairement exposée.
    Le problème c’est que ces commentaires éclairés sont à l’opposé de la pensée unique et ne peuvent donc pas être relayer dans les médias.
    Les scientifiques sérieux qui posent de vrais questions ne sont jamais invités à la télé ou à la radio aux heures de grande écoute.
    Il faudrait que notre association s’infiltre dans un débat contradictoire sur le climat.
    Rêvons un peu..

  6. L’argument de la protection des populations est une fadaise.

    Les politiques à l’initiative de ce genre de zones, sont dans un logiciel idéologique de gauche, et malthusien. Dit autrement, nous sommes là face à des personnes qui considèrent qu’il y a trop d’humains sur la Terre, qu’ils appellent Gaïa. Dès lors, le fond de nombres de leurs actions visent à diminuer le nombre d’humain. Concernant les véhicules soit disant polluants, c’est uniquement leurs vision collectiviste, communiste, qui les amènent à faire usage de faux argument pour interdire la voiture. Objet de liberté individuelle, ce qui leur est insupportable. Pour le moment, et toujours selon le principe du pas à pas, les véhicules électrique sont acceptés, mais, soyez certain qu’à moyen terme ces derniers seront aussi interdits de circulation. L’argumentation sera sensiblement la même : les particules rejetées par les freins et les pneumatiques tuent…

    Un jour, il faudra se débarrasser des tous ces écologistes qui sont en train depuis 30 ans d’entrainer la France dans le petit et le médiocre…

  7. Les premiers temps où le chiffre de 40 000 (ou 48 000) décès a été publié, on parlait de décès prématurés. Un décès prématuré, c’est un décès qui survient avant la date statistiquement calculée de décès d’une personne donnée. Il faut savoir que les chiffres sont obtenus en consultant les registres de décès des hôpitaux et en les comparant aux données des taux de particules dans la région à l’époque du décès. Mais, précision importante, il n’existe aucun décès déclaré « en raison des particules fines ».
    Par ailleurs, le mot « prématuré » accolé au mot « décès » est indispensable. Mais pour être significatif, il doit être suivi d’un chiffre qui indique de combien de temps le décès est prématuré. Pour les 48 000 décès cités, il était, (de mémoire) prématuré de huit mois environ. La « prématurité » d’un décès s’établit entre zéro (décès non prématuré), et l’espérance de vie à la naissance. La « gravité » d’un décès prématuré est l’inverse de la prématurité, 100 % si le décès a lieu dès la naissance et 0 % si le décès se produit exactement à l’âge de l’espérance de vie (80 ans environ en France). La gravité d’un décès prématuré de huit mois est donc de 8 mois/80 ans soit 0,83 %. « Oublier » le mot « prématuré » dans l’expression des décès dus aux particules fines c’est donc confondre 100 % (décès normal) et 0,83 % (décès prématuré de huit mois). Une paille ! Et les décisions ont été prises sur cette ambigüité…
    Voir https://www.climatdeterreur.info/environnement/pollution-aux-particules-il-y-deces-et-deces-premature pour plus de détails.

  8. Une rectification concernant l’origine des particules fines du moins pour la vallée du Rhône.
    Les alertes pollutions se produisent l’hiver lorsque les masses d’air restent stationnaires plusieurs jours, ce qui semble « normal ». Mais nous avons aussi des alertes par fort vent du sud, ce qui est pour le moins étrange.
    Si l’on consulte des sites comme Ventusky.com, on découvre que les particules fines proviennent du Sahara ! On peut d’ailleurs constater pendant ces périodes des dépôts de poussières jaunes sur les voitures.
    Les restrictions conséquentes à ces alertes ne sont pas justifiées et ne servent strictemenbt à rien, puisque l’acivité humaine (chauffage, transports, industrie, …) ne sont pas la cause du phénomène.

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